Fluide parcours d'art actuel
Ville de Thuin (Belgique)

21.06 - 21.09.2008






















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Fluide parcours d'art actuel, Ville de Thuin (Belgique)

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Extraits du dossier de presse


Douze artistes belges et étrangers sont invités à investir dans le contexte urbain, ils se glissent dans les infrastructures, investissent et interrogent la capacité de l’art à s’infiltrer dans notre quotidien.

La pensée écologique est le plus souvent limitée à la biosphère. Le social et le physique sont soumis, de la même façon que notre environnement naturel, à des flux pouvant les faire évoluer, contraindre ou régresser.

Les artistes participent à cette capacité de faire "ré-émerger" des systèmes de valeurs qu’il convient de protéger, de vivifier, de ré-impulser dans de nouvelles voies ». Leurs créations, dans tous les domaines de l’expression contemporaine, peuvent accompagner notre compréhension et ainsi inventer de nouvelles voies.

Thuin (perle du val de Sambre) est une ville de 14000 habitants construite en grande partie sur une crête rocheuse, avec ses jardins suspendus (uniques en Belgique) et son Beffroi faisant partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Les artistes sont confrontés à ce riche passé de plus de 1300 ans d’histoire, pour y concevoir des interventions et installations résolument tournées vers le futur.


En partant d’un contexte singulier de « chaos organisé », le collectif art & nectarine sonde le format même de moyens de communications. Ses recherches plastiques reposent en grande partie sur un examen critique de ce qui émerge de nos sociétés, dans les communications sociales et à travers toutes les strates des cultures identitaires: Nous cherchons avec ces projets en réseau, à questionner nos propres bases, les bases que nous partageons tous : les fondations (et le bien-fondé ou non…) de ce qui nous a été inculqué, transmis sans approbations initiale, en matière de croyance, de comportement, de morale.


Quelques oeuvres et démarches ci-dessous.




Exposition du 21 juin au 21 septembre 2008. Ville de Thuin, divers lieux.







Carlotta Brunetti : Mon intérêt est de changer la perception de l’homme, par mes interventions dans la nature ou en ville. Ces petits changements, presque imperceptibles, souvent marquent un autre point de vue. Et cette perception peut changer à des endroits imprévus, inattendus. Mon idée est de signaler un changement du point de vue sur la ville. Je pense que par l’habitude les habitants de celle-ci ne voient plus les beautés et les sites particuliers. Par ces brosses rouges (objets – types) que j’appelle « le grand nettoyage » je pense attirer une nouvelle attention sur ces endroits. En rappel à la couleur rouge sang et au flux sanguin de l’homme (moyen de transport), les rues transportent les voitures, les hommes et leurs pensées.
Carlotta Brunetti est née en 1949 en Italie, elle vit et travaille à Starnberg, Allemagne.


Philippe Decressac : Depuis toujours, ma démarche tend à présenter la futilité et l’absurde d’un monde de prêt à rêver où tout est constamment mis en scène, orchestré par les paillettes des masse-médias. En peinture, mes sujets de prédilection s’appuient sur et s’inspirent des scènes du quotidien, des situations d’une affligeante banalité, ce choix étant le résultat d’une observation décalée du monde qui m’entoure où l’ennui, la paresse et la paralysie intellectuelle n’ont d’égal que leur humanité. Tantôt primaires ou rustres, tantôt anecdotiques ou fictifs, les personnages croisent la réalité d’une région qui attend sans broncher que le temps passe. Mais n’est-ce pas universel?
Parallèlement, les objets manufacturés ont envahit notre vie. Indispensables et fonctionnels, ils régulent notre quotidien dans un anonymat le plus strict.




Sébastien Hutse : J’ai souvent constaté que l’inattendu semblait confirmer une intention à peine formulée. J’aime « relancer » les choses sans les figer ni les conserver, être en quelque sorte le pivot d’un moment de la vie d’un objet, d’une situation ou d’un lieu que je modifie, réaffecte ou détourne.

Ceux-ci, ensuite, évoluent et en me placent aussi en spectateur attentif et curieux de leurs métamorphoses et de leurs connections. Plus concrètement, mon désir est d’articuler, de tisser, loin de toute systématique a priori, avec sensibilité et intuition, des rapports inédits et singuliers entre un public, un lieu et un objet.



Véronique Matteudi : Le pavé, matériau issu du lieu fait écho à l’histoire de cette ville, utilisé dès son origine pour faciliter la circulation. En utilisant ce matériau dans ce jardin abandonné, c’est pour moi réintroduire un concept de circulation mais cette fois imaginaire, c’est remettre une énergie en action dans cet endroit marqué par le temps (mur cassé, maison en ruine…).

Le dessin est au service du lieu, il s’inspire des accidents au niveau de la perspective. Le pavé c’est le point et la ligne dans l’espace, il offre ainsi de nombreuses possibilités graphiques.
Le pavé reste aussi un matériau chargé de sens symbolique dans l’histoire, il est étroitement lié en France à mai 68, à la révolution dans la rue. C’est un clin d’œil pour le cinquantième anniversaire de cet événement. Ce projet de création « in situ » offre des confrontations esthétiques, symboliques, historiques, qui se retrouvent à l’intérieur des jardins de Thuin dans un espace-temps imaginaire.



Léopoldine Roux : « ...Des couleurs qui enchantent la vue, des textures lisses et brillantes qui invitent au toucher, des formes crémeuses et des mille-feuilles de peinture qui donnent l‘eau à la bouche,… tout dans l’art de Léopoldine Roux évoque un rapport sensuel et léger aux choses et au monde. Qu’on ne s’y trompe pas cependant : c’est rafraîchissant mais ce n’est pas innocent. C’est lutter avec le sourire contre toute forme de morosité. Telle Alice aux pays des Merveilles, elle virevolte entre l'innocence présumée de l'enfance et une féminité érotisée. Pour une artiste originaire de Lyon où la luminosité est cristalline, ces interventions urbaines expriment un désir de rendre la ville moins grise, quitte à malmener un peu le naturel. Elles révèlent l’envie d’instiller la féerie au cœur des éléments les plus quotidiens aux fins de raviver notre rapport enfantin au monde. » (Frédérique Versaen in Code Magazine, 2006)